La colocation représente une tactique d’investissement immobilier efficace lorsqu’elle est bien mise en œuvre, et ce n’est pas uniquement bénéfique pour les investisseurs : elle offre également une option avantageuse pour louer un appartement ou une maison au lieu d’un simple studio.

Face à l’augmentation du coût de la vie et à l’escalade des prix immobiliers, étudiants, jeunes actifs, seniors et nombre de familles monoparentales choisissent la colocation pour diminuer leurs coûts.

Mais en quoi consiste exactement la colocation et comment fonctionne-t-elle ?

Explication de la colocation

La loi ALUR du 24 mars 2014 reconnaît officiellement le droit à plusieurs individus, qualifiés de locataires, de louer un logement dans le but de partager les frais liés au bail et aux charges. Ce logement, qui peut être un appartement ou une maison, devient leur domicile principal où chaque locataire dispose de sa chambre. Les autres espaces comme le salon, la cuisine et la salle de bains sont partagés.

Dans un cadre de colocation, les résidents ne sont pas forcément liés par des relations familiales ou amicales : ils peuvent être des étrangers qui choisissent de cohabiter.

Depuis l’adoption de la loi Macron, les couples mariés ou liés par un PACS ne sont plus autorisés à louer sous cette forme, des règles spécifiques s’appliquant désormais à leur situation.

Conditions pour établir une colocation

Avant de se lancer dans une colocation, il est crucial de comprendre les règles qui l’encadrent, notamment en ce qui concerne le bail. Il est possible de choisir entre deux types de contrats :

  • Le bail collectif, où tous les locataires signent un seul et même bail avec le propriétaire.
  • Les baux individuels, où chaque locataire signe son propre bail avec le propriétaire.

Il est important de connaître les distinctions entre ces deux types de baux.

  • Différences entre le bail collectif et les baux individuels

Dans un bail collectif, chaque locataire bénéficie des mêmes droits et responsabilités, conformément à un contrat-type établi par la loi. Ces contrats varient selon le type de logement, que ce soit pour une colocation meublée ou non.

Dans le cadre d’un bail collectif, il est obligatoire pour chaque colocataire de participer à l’état des lieux d’entrée et de s’assurer de payer sa part de loyer dans les temps. Si une clause de solidarité et d’indivisibilité est incluse dans le contrat, le propriétaire peut réclamer le paiement total du loyer ou d’autres charges à n’importe quel colocataire.

Lorsqu’un colocataire déménage, si des loyers restent impayés, ils peuvent retomber sur les colocataires restants. Ceux-ci peuvent être tenus responsables ; en effet, le propriétaire peut se retourner contre eux jusqu’à six mois après leur départ, à moins qu’ils n’aient été remplacés dans le bail.

En outre, le bail collectif ne permet pas aux personnes ayant quitté la colocation de réclamer le remboursement de leur dépôt de garantie, car le propriétaire ne peut effectuer ce remboursement qu’à la fin du contrat, lorsqu’il récupère les clés de sa propriété.

Dans le cadre des baux individuels, en revanche, le locataire qui part peut immédiatement obtenir le remboursement de son dépôt de garantie. Les colocataires restants doivent toutefois être conscients que le propriétaire peut choisir un nouveau locataire sans devoir obtenir leur accord.

Variétés de colocations

Devant la pénurie de logements dans certains secteurs et la baisse du pouvoir d’achat, plusieurs formes de colocations ont émergé :

  • la colocation étudiante ;
  • la colocation senior ;
  • la colocation pour familles monoparentales.

La colocation étudiante est une option populaire dans les villes universitaires telles que Paris et Lyon. Les étudiants avec des budgets limités préfèrent se regrouper pour partager un logement. Toutefois, au-delà des considérations financières, certains étudiants choisissent cette option pour l’ambiance et le plaisir qu’elle offre.

Dans les grandes villes comme Paris, Lille, Lyon, Marseille, Toulouse, ou encore Rennes, il est plus facile de trouver un appartement pour une colocation étudiante en raison de la multitude d’offres disponibles, et il est également plus simple de trouver des colocataires compte tenu du grand nombre d’étudiants dans ces villes.

Dans les villes de taille moyenne, une maison est souvent la solution idéale pour une colocation étudiante car elle offre généralement plus d’espace qu’un appartement et permet une certaine indépendance, ce qui est avantageux pour étudier dans le calme.

  • La colocation senior

La colocation senior est une formule de logement qui a connu un succès notable dans le nord de l’Europe avant de se répandre sur le reste du continent. Aujourd’hui, elle attire de plus en plus de Français.

Au lieu d’opter pour une maison de retraite, les familles préfèrent installer les personnes âgées en colocation, principalement en raison de l’aspect économique de cette solution, qui reste plus abordable que les établissements spécialisés.

Outre l’avantage financier, les seniors choisissent ce mode de vie pour maintenir des contacts sociaux, évitant ainsi la solitude.

  • La colocation de familles monoparentales

Pour une famille monoparentale, gérer les finances peut être un défi. La colocation apparaît donc comme un moyen de réduire les dépenses. Elle offre également aux enfants la possibilité de grandir dans un environnement adapté.

Avantages et inconvénients de la colocation

  • Pour les colocataires

La colocation offre l’opportunité aux locataires de choisir un logement plus grand. Bien que le loyer soit plus élevé, celui-ci est divisé entre les occupants. De plus, ils peuvent partager les frais liés aux services tels que l’électricité ou l’internet.

La vie en colocation peut aussi être enrichissante sur le plan des relations humaines : c’est une occasion de faire des rencontres pour les jeunes. Pour les seniors, elle offre une compagnie pour le reste de leur vie, tandis que pour les familles monoparentales, elle favorise les échanges.

Cependant, il peut être difficile de s’adapter aux modes de vie et habitudes des autres ; la cohabitation peut aussi engendrer des désagréments comme le bruit, et les emplois du temps des uns et des autres peuvent ne pas être compatibles. Enfin, la répartition des tâches ménagères peut être source de conflits.

  • Pour le propriétaire

Pour le propriétaire, le principal avantage réside dans la possibilité de fixer un loyer supérieur à la moyenne du marché.

Les propriétaires peuvent aussi se prémunir contre les loyers impayés grâce aux clauses de solidarité : si un des colocataires ne remplit pas ses obligations, les autres s’engagent à couvrir le montant total du loyer.

Si le propriétaire loue une partie de sa résidence principale, les revenus peuvent être exempts d’impôts, ce que l’on appelle un propriétaire colocataire.